CRITIQUES DE LIVRES

L'ALPINISME OU ET COMMENT ?

par Sylvain Jouty.

Ed. De Vecchi, Paris.

(Revue " Montagne et Alpinisme" - N°4, 1977)

 

 

Ce genre d'ouvrage ne souffre pas l'équivoque. Ou bien il s'adresse à des alpinistes qualifiés et dans ces conditions il doit, à mon avis, être très complet, très technique, très poussé, c'est alors le livre auquel on se réfère pour trouver ou retrouver un mouflage ou une astuce d'assurage, de pitonnage voire de résistance de corde, ou bien il se veut pour débutant, comme semble le désirer l'auteur, et dans ce cas là, on lui demande avant tout d'aller à l'essentiel, de sérier les problèmes, de proposer des choix, voire d'oublier volontairement certaines choses afin d'aider justement le débutant qui doit faire face à une multitude de petits problèmes dans un sport aussi complexe que l'alpinisme. Or là, nous avons un ouvrage hétérogène qui ne répond à aucun de ces critères, et qui, en fin de compte, ne satisfait personne.

Le bon sens veut que l'on dise "un bon dessin vaut mieux que de longues explications". Ici, ni longues explications, ni croquis, ni schémas pour le cramponnage. Quant à l'escalade, elle n'est traitée qu'avec deux pauvres dessins.

 

Sur la quinzaine de photos, cinq sont identiques et montrent le passage en artificielle d'un mur de glace ; les autres n'aident en rien à la compréhension des techniques de l'alpinisme.

Que va penser le débutant en lisant au chapitre "dangers de la montagne" : "La pluie, dans certaines voies encaissées, peut créer de véritables cascades, et des alpinistes sont ainsi morts noyés". Même si cela est vrai, l'auteur veut-il affoler le débutant ou l'obliger à se munir parfois d'un scaphandre ?

Pour la préparation des courses, parler des topos guides c'est normal, mais ne pas citer au moins le Vallot ou le Guide du massif des Ecrins me semble fâcheux, de même qu'oublier Les 100 plus belles courses (même si ce genre d'ouvrage est contestable) quand on sait que ce sont, de loin, les livres préférés aussi bien des débutants que des chevronnés.

Des erreurs, des omissions, du travail baclé, c'est dommage car l'on trouve des tas de conseils de bon sens, des adresses et des renseignements utiles. On sent que l'auteur connaît bien son sujet : la montagne sous ses différents aspects. Alors, on attend patiemment son prochain ouvrage...

Henri LUCKSENBERG.

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