CRITIQUES DE LIVRES

DICTIONNAIRE DE LA MONTAGNE

par Sylvain JOUTY et Hubert ODIER

( Éd. Omnibus 2009 )

Encyclodépie ou dictionnaire ? Et bien, c'est une encyclopédie sous forme de dictionnaire...

2600 mots ayant trait à la montagne, sous tous ses aspects : massifs, sommets, alpinistes célèbres, historique des ascensions, mais aussi faune et flore, histoire, techniques de l'alpinisme...

Vous ne savez pas où se trouve le Fichtelgebirge ? le Mont Asama ? le Pico de Neblina ? Le Hostyne ? Vous avez oublié qui était Thémistocle Hroutas ? John Hopkinson ? Hermann Delago ? Arne Dekke Eide Naess ? Vous ne savez pas ce qu'est une hornito ? un relief de horst ? des trous de cryoconite ? Un klippe ? Vous souhaitez observer un chat de Biet ? un desman des Pyrénées ? un lynx ? Vous ne savez plus quels furent les premiers ascensionistes du Nanga Parbat ? du Kamet ? du Kangchenjunga ? de l'Eiger ? Ou bien, tout simplement, vous vous demandez ce qu'est une dégaine, un clinomètre, un coin de bois, un portaledge...

Vous trouverez toutes les réponses dans le Dictionnaire, sous forme de courts paragraphes concis, bourrés d'informations pertinentes et précises. 1065 pages sur papier bible, illustrées de reproductions de gravures anciennes. Le livre est d'un assez petit format, beaucoup plus commode que celui de la première version de ce dictionnaire, bien que beaucoup plus complet.

Bien entendu, pas question de lire cet ouvrage comme un roman : on le feuillete pendant quelques minutes ou quelques heures, sautant d'un sujet à l'autre au grè des sujets, chaque paragraphe suggérant une nouvelle question...

Il est donc fortement conseillé de ne pas se lancer dans la lecture avant de se coucher : on risque fort d'y passer la nuit... Par contre, lire dans le train est une bonne idée : on est obligé d'arrêter quand on arrive à destination !

On pourrait observer que, avec Internet, on n'a plus besoin d'encyclopédie. Mais Internet ne juxtapose pas de la même façon des sujets ayant tous trait à la montagne, mais cependant très variés. Et, sur Internet, il faut souvent trier, lire des pages interminables (pas toujours écrites dans une langue que l'on comprend), alors que ce travail de synthèse a déjà été fait par les auteurs.

C'est une extraordinaire somme de renseignements, dans un style concis, souvent teinté d'humour. Des erreurs ? Il y en a certainement, mais je n'en ai pas encore trouvé. Des omissions ? Il fallait bien faire des choix, fixer une limite.

Tiens, profitons de l'occasion pour signaler quelques articles qui auraient pu être inclus :
- Le terme "wilderness" est bien défini, mais peut-être insuffisament expliqué. Ce sont bien des espaces totalement protégés de l'influence humaine : aucune construction (sinon quelques ruines abandonnées), de très rares sentiers à peine entretenus. L'existence de ces Parcs est souvent totalement méconnue des Français, qui ne connaissent que les Parcs Nationaux, certes protégés, mais intensément fréquentés, au contraire des espaces de wilderness.
- L'un de ces parcs au moins, Kluane, au Canada (Sud-Ouest du Yukon) méritait d'être cité : sa superficie est égale au deux-tiers de la Belgique ! Le Mont Logan (qui a failli être renommé Mont Trudeau) est dans ce Parc, ainsi que la chaine des Saint-Elias.
- Peut-être aurait-on pu parler d'un glaciologue français, Bernard Francou, dont les travaux sur les glaciers des Andes font autorité ?
- Je n'ai pas trouvé mention de la falaise de Ceüze (ou Ceüse), l'un des hauts lieux de l'escalade : c'est tout de même à Ceüze qu'a été ouverte la première voie du monde en 9a+ ! Pour info, cette falaise de 4 km de long domine la ville de Gap.
- Quelle est la motivation de ceux qui "collectionnent" les 14 sommets de plus de 8000 mètres ? Laisser une trace dans l'histoire, bien entendu ! Alors, un petit article sur chacun d'eux leur aurait peut-être fait plaisir...

Bon, ça va, j'arrête. Feuilleter ce livre m'aura donc en plus fait réfléchir, et aura soulevé des questions. Vous aurez compris qu'il y en a pour tous, pour l'alpiniste comme pour le néophite, pour l'historien de la montagne comme pour le voyageur et le randonneur.


Daniel MASSE .

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